Classification botanique des Sempervivums

Les Crassulaceae

La famille des Crassulaceae rassemble 34 genres et près de 1400 espèces distribuées à travers le monde entier, essentiellement dans des zones arides et rocheuses, le Mexique et l’Afrique du Sud étant les pays présentant la plus grande diversité de Crassulacées

Les Joubarbes 

Parmi la famille des Crassulaceae on retrouve les Joubarbes ou joubarbes des toits aussi parfois nommées Roses des murs (J’adore). Ces noms communs regroupent en réalité 2 genres botaniques très proches : Jovibarba (qui vient de Jovi= Jupiter et de Barba= barbe Barbe de Jupiter ) et Sempervivum.(du latin Semper=Toujours Vivum= Vivant)

Ces 2 genres sont d’ailleurs tellement proches que tous les botanistes n’étaient pas toujours d’accord sur la nécessité de les différencier. Mais des recherches scientifiques récentes basées sur l’étude de l’ADN de ces plantes succulentes confirment que ce sont des genres botaniques bien distincts. (J. T. Klein and J. W. Kadereit. 2015. Phylogeny, Biogeography, and Evolution of Edaphic Association in the European Oreophytes Sempervivum and Jovibarba (Crassulaceae). International Journal of Plant Sciences176,1. 

Le nombre d’espèces au sein de ces 2 genres n’est pas non plus très clair, il varie de 40 à 60 selon les auteurs. (Praeger 1932 ; Hart et al., 2005 ; Thiede and Eggli 2007).

Cette confusion provient certainement de la très grande plasticité phénotypique de ces plantes. (La plasticité phénotypique est une expression scientifique utilisée par les écologues  pour parler de la capacité des organismes à prendre des phénotypes très différents en fonction des conditions auxquelles ils sont soumis par leur environnement comme par exemple pour les plantes la disponibilité en nutriments, l’ensoleillement, la température, …

En effet la morphologie, c’est-à-dire la taille des rosettes, et des feuilles sont extrêmement variables en fonction de la disponibilité en nutriments. De même la couleur des feuilles est fortement dépendantes des conditions environnementales (amplitude thermique jours/nuit ; température moyenne, ensoleillement,…). Cette grande variabilité ne facilite pas l’identification des espèces et explique certainement le nombre d’espèces très différent d’un auteur à l’autre.

En outre ces espèces présentent une très bonne capacité de fécondation interspécifique, ce qui a conduit à l’obtention d’hybrides naturels et artificiels (obtenus par l’homme= cultivars), en très grands nombres (de l’ordre de 4000 (cf liste de Martin Miklanek)). Ces hybrides naturels ne simplifient pas non plus l’identification des espèces et la taxonomie.